Coco Brun

Exotic Exodus

Déplacement. Adaptation. Survie.

Je m'intéresse aux insectes comme à un tissu conjonctif invisible entre les mondes. Leurs déplacements forcés — sous la pression du commerce global et des mutations climatiques — révèlent le démantèlement silencieux de nos écosystèmes.

EXOTIC EXODUS documente les migrations forcées d'espèces par la traduction matérielle. Les insectes sont déplacés par l'effondrement climatique, les routes commerciales et l'expansion industrielle. Ce travail mobilise des fibres issues de la production animale — soie, laine — et des déchets textiles de luxe, associés à des teintures naturelles développées lors de résidences à Sumba et au Mexique. Une résonance directe avec les anciennes routes de la soie, où insectes et marchandises traçaient déjà des géographies de l'exploitation.

Des cocons de verre encapsulent des fils métalliques et textiles, vestiges d'une mue industrielle. Le cuir est gravé de micro-incisions qui reproduisent les motifs alaires d'espèces disparues — une peau en prothèse de mémoire. Des exosquelettes métalliques découpés reprennent les contours d'insectes réels avant d'être réassemblés en créatures hybrides qui n'ont jamais existé : chimères issues de plusieurs espèces.
Plutôt que de préserver la nature, le travail archive sa survie par l'artifice. Les matériaux sont dépouillés de leur fonction ornementale pour devenir preuves du déplacement.

EXOTIC EXODUS ne restaure pas. Il témoigne du déracinement.

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Matériaux & Processus

Tissage de déchets: Fibres naturelles (soie, laine) et déchets textiles de luxe recomposés en tapisseries grand format.
Recherche pigmentaire: Teintures naturelles développées lors de résidences à Sumba et au Mexique.
Cocons de verre: Verre soufflé encapsulant des filaments métalliques et textiles.
Gravure sur cuir: Micro-incisions reproduisant les motifs alaires d'insectes disparus.